Silence
Un article de Encyclopédie de la Relaxation et du Mieux-Etre.
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Le silence intérieur ou silence mental
« Le silence est d'or » a-t-on coutume de dire en France. Pourtant, il semble qu'on suive ce précepte de très loin. En effet, si l'on en croit divers sondages qui, pour une fois, concordent, le bruit est la source de nuisance numéro un des Français. Pour lutter contre ce fléau, une seule solution: retrouver le silence. Tâche à la fois simple et terriblement ardue. Car si l'on peut aisément limiter le bruit que l'on produit, économiser ses paroles inutiles, surveiller son environnement sonore, il est beaucoup plus difficile de retrouver son silence intérieur. Et c'est précisément là que sourd la source de l'équilibre, de l'harmonie, du calme, de la relaxation, et même de l'éveil.
Bien sûr, on peut essayer de trouver le repos sonore dans un coin tranquille, au fond d'une forêt, au sommet d'une montagne, sur les rives d'un fleuve oublié... Mais une telle démarche n'est pas simple à intégrer dans un quotidien déjà bien rempli! Il faut donc s'armer de courage, et tâcher de faire taire le moulin à parole qui ne cesse de déverser son discours dans notre tête. Le silence intérieur implique un état de calme, l'absence d'agitation morale, et beaucoup de concentration.
L'expérience du silence
Pour percevoir votre capacité de silence, essayez donc la petite expérience suivante :
asseyez-vous confortablement, dos bien droit, la tête dans le prolongement de la colonne vertébrale, les épaules détendues. Respirez calmement et régulièrement. Et essayez de faire taire vos pensées. Ne pensez à rien.
Immédiatement, des pensées tourbillonnent. Elles cherchent à s'imposer, résistent, s'immiscent à nouveau lorsqu'on croit les avoir vaincues... Généralement, cette pratique réveille dans un premier temps, le désir de silence. Une seule solution pour y parvenir : la persévérance. A force de pratiquer l'assise silencieuse, on parvient à obtenir de petites secondes de silence intérieur. Avec le temps, elles se transforment en minutes...
Les moyens pour accéder au silence
Il existe tout de même des armes pour vous aider dans cette démarche. D'abord, la respiration. Le flux régulier de l'inspir et de l'expir permet de se recentrer. C'est également un support idéal de concentration. Lorsqu'on pense à sa respiration, qu'on la suit, qu'on l'écoute, qu'on la ressent de l'intérieur et de l'extérieur, les autres pensées se calment. Un moment tout au moins. On peut utiliser ce « truc » n'importe où, n'importe quand: au bureau, dans l'autobus, dans les embouteillages, au milieu du vacarme dans une atmosphère tendue... Il suffit d'être assis, de fermer les yeux un instant, et de fixer son attention sur sa respiration. Le calme s'installe d'autant plus rapidement qu'on pratique régulièrement ce genre d'exercice.
Les bénéfices du silence
Le silence ainsi apprivoisé devient une arme : quelques secondes de silence intérieur nous rendent la lucidité lorsque nous nous sentons perdus ou dépassés par les événements. Elles renforcent notre détermination, clarifient les idées, dissolvent notre vulnérabilité. En effet, le trac, l'angoisse, l'appréhension sont souvent provoqués davantage par les idées que l'on se fait d'une épreuve ou d'une situation, que par l'épreuve ou la situation elle-même. Lorsque le silence parvient à chasser ces idées folles, la situation apparaît plus clairement, et l'angoisse diminue d'autant.
« Un esprit détaché crée le silence autour de lui », disait Tao Ch'ien, quatre cents ans avant Jésus-Christ. Il est vrai que plus on est calme, plus on a de chances de communiquer ce calme silencieux à notre entourage. Mais pour parvenir à rendre ainsi contagieux son silence intérieur, il faut que celui-ci soit d'une qualité exceptionnelle. Tel est le cas de certains méditants. Un chercheur japonais, le professeur Ikemi, a observé le tracé des ondes cérébrales de divers sujets en méditation profonde. Lorsque des bruits, des lumières vives faisaient irruption dans leur environnement, les plus chevronnés voyaient leur rythme cérébral s'accélérer avant de revenir très rapidement aux ondes alpha, caractéristiques de l'état de calme méditatif. En revanche, chez les débutants, la perturbation créée par le bruit et la lumière persistait beaucoup plus longtemps. Le silence intérieur est à la portée de toutes les têtes, et de toutes les bourses. Il suffit de s'en donner le temps. On peut également se mettre sur la voie en économisant autant que possible les paroles inutiles. Le silence peut être autant porteur d'information qu'un flot de paroles. 11 peut être tendre, encourageant, inquiet, désapprobateur, convivial...
Selon le maître zen Taisen Deshimaru : "Le silence est notre nature profonde. Silencieuse, la conscience éternelle, en deça de notre naissance, au delà de notre mort. Etre silencieux, c'est revenir à l'origine de la nature humaine. Faire appel au silence, puis à partir du silence, parler. La parole devient profonde, le mot juste."
La conquête du silence intérieur passe aussi par là !...
BIBLIOGRAPHIE
- Eloge du silence, Marc de Smedt, éditions Albin Michel.
- Le désert intérieur, Marie-Madeleine Davy, éditions Albin Michel/ Spiritualités vivantes.

