Mon espace santé, c’est quoi ? Un carnet de santé numérique ouvert à chaque assuré, qui réunit ses documents médicaux et ses échanges avec les soignants au même endroit. Il intègre l’ancien dossier médical partagé (DMP) et sa création n’est pas obligatoire : chacun peut s’y opposer.
Mon espace santé, un carnet de santé numérique pour chaque assuré
Le service est le nouvel espace numérique de santé, généralisé sur tout le territoire depuis le 1er janvier 2022. Son principe est de centraliser vos données de santé pour qu’elles soient accessibles aux professionnels que vous autorisez.
L’ouverture est automatique : depuis 2022, l’espace se crée sans demander votre consentement. Votre organisme d’assurance maladie vous prévient par email, ou par courrier si aucune adresse n’est connue ou si le message n’arrive pas. Les enfants peuvent aussi avoir un espace, et leur représentant légal est informé de son ouverture.
Pour le retrouver, il faut passer par le site monespacesante.fr, avec votre code provisoire et votre carte Vitale pour la première connexion.
Ce que contient Mon espace santé : dossier médical, messagerie et agenda
Le service réunit plusieurs outils sous un seul compte. Le tableau ci-dessous les résume.
| Service | Ce qu’on y trouve |
|---|---|
| Dossier médical (ex-DMP) | Documents de santé, données administratives et données de remboursement |
| Messagerie sécurisée | Échanges avec les professionnels de santé |
| Agenda santé | Rendez-vous et rappels liés à votre suivi |
| Catalogue de services | Applications et services numériques de santé référencés |
| Registre des autorisations | Liste des accès que vous avez donnés |
Vous pouvez consulter vos données directement ou passer par votre organisme d’assurance maladie, et autoriser un professionnel à les lire ou à les compléter.

Mon espace santé et le DMP : ce qui change
Le dossier médical partagé n’a pas disparu : il forme aujourd’hui le volet « dossier médical » du nouveau service. Ce qui s’ajoute, ce sont la messagerie, l’agenda et le catalogue de services.
L’autre différence tient à l’ouverture. Le DMP demandait une démarche volontaire, alors que Mon espace santé se crée de lui-même, sauf opposition de votre part.
Qui peut consulter vos données et comment garder la main
Vous restez au centre du dispositif. Chaque action est enregistrée et visible pour vous, et vous êtes informé sans délai quand un professionnel ou un établissement accède à votre espace.
Les autorisations se gèrent dans le registre prévu à cet effet. Cette traçabilité compte pour les informations délicates, par exemple un suivi pour prendre soin de sa santé mentale, que l’on peut préférer ne pas partager avec tous les soignants.
Un mineur peut de son côté s’opposer à l’enregistrement de certaines données de soins, comme celles d’une consultation gynécologique. À sa majorité, il est informé et l’espace reste ouvert, sauf s’il s’y oppose.
Activer, refuser ou fermer Mon espace santé
Vous disposez de six semaines pour vous opposer à la création, à compter de l’envoi de l’information. L’opposition se fait sur le site monespacesante.fr, avec le code provisoire et la carte Vitale, ou par téléphone au 3422. Si le code est perdu, on peut en redemander un avec son numéro de sécurité sociale, sa date de naissance et son type de carte Vitale.

Passé ce délai, l’opposition n’est plus possible et l’espace est créé. Il reste alors la fermeture du profil, possible à tout moment : on se connecte, on ouvre « Paramètres » depuis son nom en haut à droite, puis on choisit la clôture du profil.
Avant de fermer, on peut télécharger ses informations ou demander leur suppression. Sans demande, elles sont archivées pendant dix ans. Une suppression anticipée est traitée sous trois mois. Si l’on rouvre ensuite un espace, les données archivées y sont rétablies, sauf suppression définitive demandée au préalable.
Pourquoi activer Mon espace santé : les usages au quotidien
Activer l’espace permet de retrouver ses ordonnances et ses résultats d’analyses sans courrier, et de les montrer à un médecin que l’on consulte pour la première fois. Pour un enfant, il garde l’historique de ses soins au même endroit.
Il sert aussi à consigner des mesures dans le temps. Une tension relevée régulièrement donne au médecin un repère concret, ce qui compte quand on cherche à comprendre les risques cardiovasculaires de la sédentarité. Les habitudes de vie, comme le jeûne du soir et la santé cardiaque, peuvent aussi nourrir la discussion avec un soignant.
Les réserves existent : ce sont des données de santé, donc sensibles, et chacun choisit de les centraliser ou non. Rien n’oblige à activer l’espace, et la décision peut changer plus tard.
Que l’on active ou que l’on refuse, le service reste joignable au 3422.

